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  • Nouvelle décision spectaculaire de Riyad :

    l’Arabie Saoudite « tombe » le hidjab

    Riyad : l’Arabie Saoudite « tombe » le hidjab

     

    12 septembre 2020

     

    Le port du hidjab n’est plus une obligation pour les femmes saoudiennes et les étrangères vivant dans le pays. Les autorités du royaume viennent de casser un des tabous les plus tenaces du pays. 

    Le ministère de l’Intérieur fait savoir, dans une note, que dans le cadre des réformes entreprises dans le pays, « il a été décidé de lever l’obligation du port du voile dans l’espace public pour les femmes saoudiennes et les étrangères qui vivent dans le pays ».

    La décision interdit également à la police d’importuner les femmes non-voilées. « Il faut dénoncer les membres de la police qui ne respectent pas cette décision, pour qu’ils soient sanctionnés de manière exemplaire », précise la note des autorités saoudiennes.

    Après avoir propagé, de longues années durant, l’islam radical et ses pratiques rigoristes dans le monde, l’Arabie Saoudite se débarrasse peu à peu de ce qu’elle considérait comme des « obligations religieuses ».

    En effet, depuis l’arrivée au pouvoir du prince héritier Mohamed Ben Selmane (MBS), plusieurs décisions tendant à desserrer l’étau sur la société ont été prises, dont l’autorisation de la musique, l’ouverture de cinémas, les concerts et la conduite des véhicules pour les femmes.

    Riyad : l’Arabie Saoudite « tombe » le hidjab

    Source : Algérie infos, par Boualem Rabah.

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    Antérieurement:

    Source: TERRIENNES

    13/09/2019 - Arabie Saoudite : elle refuse de porter l'abaya

    Avec ses talons hauts qui claquent sur le marbre, une Saoudienne provoque des murmures en arpentant sans abaya, la longue robe traditionnelle, les allées d'un centre commercial de Ryad.

    Cette robe longue bouffante, généralement noire, est un atour obligatoire en public pour les femmes dans le royaume musulman ultra-conservateur.

    L'année dernière, le prince héritier Mohammed ben Salmane a brisé un tabou. Il a affirmé que l'abaya n'était pas obligatoire dans l'islam. Mais aucun édit officiel n'est venu confirmer cette déclaration libérale, ce qui n'a pas empêché des femmes de se rebeller contre l'abaya. Certaines ont publié, en signe de protestation, des photos d'elles portant cet habit à l'envers. Malgré le risque d'affrontement avec les conservateurs, beaucoup d'autres laissent maintenant cet habit ouvert sur le devant ou le portent dans des couleurs vives.

    "Vivre comme je veux"

    Mashael al-Jaloud, elle, a poussé la rébellion un peu plus loin, en cessant de le porter.
    La semaine dernière, cette responsable de ressources humaines de 33 ans s'est promenée dans un centre commercial de Ryad, avec un haut orange porté sur un pantalon ample. A son passage, il y a eu des chuchotements et regards étonnés. Des femmes l'ont prise pour une célébrité. "Êtes-vous célèbre ?", a demandé l'une d'elles. "Vous êtes mannequin ?" Mashael al-Jaloud en a ri et répondu qu'elle était une Saoudienne ordinaire. Elle est l'une des rares Saoudiennes à avoir renoncé à l'abaya ces derniers mois. Elle tient toutefois à être habillée "décemment", dit-elle.            
        

    Manahel al-Otaibi, 25 ans, elle aussi a décidé de laisser l'abaya dans son armoire.
    "Cela fait quatre mois que je vis à Ryad sans abaya", raconte-t-elle en marchant dans la rue Tahlia, bordée de restaurants, dans une combinaison à bretelles. "Je veux juste vivre comme je veux, librement et sans restrictions. Personne ne devrait me forcer à porter quelque chose dont je ne veux pas", ajoute-t-elle.
     

     Il fut un temps où la police religieuse veillait au respect strict du code vestimentaire musulman. L'abaya était aussi obligatoire pour les femmes non musulmanes.
     


    Mashael al-Jaloud

    "Il n'y a pas de lois claires, pas de protection. Je risque d'être en danger, d'être agressée par des fanatiques religieux", note Mashael al-Jaloud. En juillet, elle avait posté sur Twitter une vidéo montrant comment elle avait été empêchée d'entrer dans un autre centre commercial de Ryad car elle ne portait pas d'abaya. Elle a montré aux gardes, sans les convaincre, la déclaration du prince héritier dans laquelle il disait que les femmes devraient porter des "vêtements décents et respectueux" mais pas nécessairement une abaya. En réponse, le centre commercial a tweeté qu'il n'autoriserait pas l'entrée aux "contrevenants à la morale publique".  
     

    Rien à voir avec la religion       

    Mashael al-Jaloud est toujours obligée de porter une abaya et un foulard au travail pour ne pas prendre le risque de perdre son emploi. Dans un règlement, le ministère du Travail indique que les femmes qui travaillent doivent être habillées avec "modestie, être bien couvertes" et ne rien porter de "transparent".

    Le prince héritier, un réformateur autoproclamé, a cherché à changer l'image ultra-conservatrice de son pays en autorisant les cinémas, les concerts mixtes et une plus grande liberté pour les femmes, qui ont notamment obtenu le droit de conduire.
     

    Sur cette photo, Ammal Farahat, devenue chauffeure pour la compagnie Careem, l'équivalent local de Uber, ici à Riyadh, le 24 juin 2018. 
    Sur cette photo, Ammal Farahat, devenue chauffeure pour la compagnie Careem, l'équivalent local de Uber, ici à Riyadh, le 24 juin 2018. 
    @AP Photo/Nariman El-Mofty

    Le royaume a aussi invité des vedettes internationales comme la rappeuse Nicki Minaj, célèbre pour ses titres, qui atteignent très régulièrement le top des morceaux les plus populaires aux États-Unis, mais aussi pour ses tenues et pour les paroles crues de ses chansons.

    "(Minaj) va secouer le derrière (...) et toutes ses chansons parlent de sexe (...) et tout le monde me dit de porter l'abaya", s'était alors enflammée une jeune Saoudienne dans une vidéo devenue virale sur internet. Mais la rappeuse, qui devait se produire le 19 juillet dans le royaume, a finalement annulé le concert pour marquer son soutien aux droits des femmes, à la communauté LGBTQ et la liberté d'expression.
     

    Cet épisode illustre la lutte entre une population majoritairement jeune, et avide de libertés, et les partisans d'une ligne dure, alarmés par le rythme rapide des réformes.
    "L'abaya n'a rien à voir avec la religion", estime Mashael al-Jaloud. "Si c'était le cas, les Saoudiennes ne l'enlèveraient pas quand elles sortent du pays."

     

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