• Eric Zemmour - Le crépuscule de la société ouverte - Ghislain Benhessa

    Eric Zemmour - Le crépuscule de la société ouverte

    Ghislain Benhessa, avocat, docteur en droit et enseignant à l'université de Strastbourg, l'affirme : le discours d’Eric Zemmour à la convention de la droite et les réactions qu’il a suscité montrent que notre modèle démocratique qui se caractérisait par l’expression libre des opinions et la confrontation des idées est en train de céder la place à ce que Karl Popper appelait une « société fermée ».

     

    Depuis le week-end dernier, la leçon est évidente : la société ouverte se meurt. Si cette tendance tragique ne date pas d’hier, elle apparaît sous une lumière crue depuis l’intervention d’Eric Zemmour lors de la Convention de la droite. Alors que le libéralisme repose sur la confrontation des opinions, sur la force de la raison, sur la capacité des individus à faire eux-mêmes le tri parmi les arguments, le « cas » Zemmour porte à son incandescence une donnée essentielle de notre temps. La société ouverte se racornit petit à petit, au rythme des mises à l’index médiatiques, des excommunications morales, voire des enquêtes pénales. Car, qu’on ne s’y trompe pas, le problème ne réside pas dans la validité ou le caractère fallacieux des thèses de l’auteur du Suicide français, qu’elles portent sur « l’islamisation de rue » ou sur la disparition du « mâle hétérosexuel blanc de confession catholique ».

    Le problème ne réside pas davantage dans la tonalité apocalyptique de ses saillies verbales ou dans son omniprésence sur les chaînes de télé – jusqu’à preuve du contraire, les directeurs d’antenne sont libres de lui accorder ou non une place sur leurs plateaux. La question fondamentale porte sur l’essence même de notre modèle démocratique. Au rythme des condamnations morales qui gangrènent les débats à chaque prise de position jugée « nauséabonde », « dangereuse », « déviante » ou « rétrograde », suivant le lexique à la mode, les éléments de langage assénés ad nauseam par les communicants officiels seront bientôt les dernières paroles jugées dignes d’avoir droit de cité. À coups de procès en indignité, l’ouverture – mantra officiel de la macronie – est en passe de faire naître son double maléfique : la société fermée.

    Sociétés “ouvertes” contre sociétés “fermées”

    Pour le comprendre, un bref retour à Karl Popper s’impose. Dans l’un de ses essais majeurs, La Société ouverte et ses ennemis, publié en 1945, le philosophe d’origine viennoise a jeté les bases de notre conception contemporaine de la liberté d’expression. Une œuvre si décisive qu’elle permet d’appréhender la manière dont les États-Unis conçoivent le débat public, de même qu’elle a par la suite influencé la Cour européenne des droits de l’Homme. Pour faire court, la typologie du philosophe est la suivante. D’un côté se dressent les sociétés fermées, définies par le présupposé et la certitude, qui portent un regard menaçant sur tout signe de contestation ou de remise en cause.

    De l’autre s’élèvent les sociétés ouvertes, caractérisées par la confiance en la raison, qui permettent aux individus d’exprimer librement leurs opinions : la décision publique y est le résultat d’une confrontation des idées. Tout peut être dit, à la seule et unique condition de se soumettre à la critique, étant donné que « le critère de la scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter ou encore de la tester » (Karl Popper, Conjectures et réfutations. La croissance du savoir scientifique, 1963). L’opinion doit seulement passer au tamis du démenti, souffrir le test de la discussion. En somme, la critique, constructive mais constante, n’est rien d’autre que la substantifique moelle d’une société ouverte.

    En lieu et place de servir

    la diversité et la polyphonie des arguments,

    l’ouverture ainsi dénaturée

    n’est plus qu’une

    muselière étouffant toute velléité de contestation

    Or, s’il est aujourd’hui furieusement question d’ouverture, il n’est justement plus question de critique. L’ouverture version Macron a consciencieusement accouché d’une partition de principe entre progressistes et réactionnaires, réduisant l’espace critique à peau de chagrin. L’ouverture est devenue le cheval de Troie du politiquement correct, l’instrument de domestication du débat : aucune parole n’est admise hors du ralliement pur et simple.

    En lieu et place de servir la diversité et la polyphonie des arguments, l’ouverture ainsi dénaturée n’est plus qu’une muselière étouffant toute velléité de contestation. Dès lors, rien d’étonnant à ce que les opposants s’enhardissent ou radicalisent leurs positions, car c’est encore le seul moyen de se faire entendre. Eric Zemmour n’est pas le fléau de notre société ; il est le symptôme de sa décadence.

     

    Par Auteur Ghislain Benhessa     / Jeudi 3 octobre 2019 à 11:11

    Eric Zemmour - Le crépuscule de la société ouverte

     

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     En complément :

     Zemmour - discours à la convention de la Droite ce 28 sept 2019

     

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